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Le 28 juin 1914, le nationaliste yougoslave Gavrilo Princip abat François-Ferdinand, héritier de l’Empire austro-hongrois et son épouse la duchesse Sophie de Hohenberg. Cet attentat fut l’étincelle qui déclencha, quelques semaines plus tard, la Première Guerre mondiale. Mais que s’est-il passé exactement durant cette matinée à Sarajevo ? Retour, en photos, sur ce 28 juin qui bouleversa l’histoire.
© Famille de Hohenberg / Musée de Sarajevo

L’arrivée à Sarajevo

Depuis le 25 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand (sur la photo à son arrivée à la gare d’Ilidza, une ville thermale à l’Ouest de Sarajevo) et Sophie sont en Bosnie-Herzégovine pour assister à des manœuvres militaires. Cet ancien territoire ottoman a été annexé en 1908 par l’empire austro-hongrois. L’héritier et son épouse sont attendus dans la capitale pour plusieurs réceptions. Après avoir passé leur dernière nuit à Ilidza, ils prennent, vers 9h25, la direction de Sarajevo en train. L’ancienne gare n’existe plus aujourd’hui.
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / Musée de Sarajevo

Un cortège dans les rues de Sarajevo

Vers 10h10, l’héritier de l’Empire austro-hongrois et sa femme montent à bord d’une voiture décapotable pour se rendre à l’Hôtel de Ville. Une foule compacte est venue saluer leur passage. En dépit de sérieuses menaces d’attentats, le cortège roule sans protection renforcée le long du quai Appel. Les unités militaires qui ont participé aux manœuvres auxquelles a assisté l’archiduc ces derniers jours, n'ont pas été autorisées à faire une haie d’honneur en ville. Elles se trouvent ainsi dans l’impossibilité d’assurer la sécurité du monarque.
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / Carte postale début XXe siècle

Un premier attentat manqué

Près du pont Cumurija, Nedeljko Cabrinovic entend la voiture se rapprocher. Il est membre du groupe révolutionnaire Jeune Bosnie (Mlada Bosna) qui milite pour l’unification des Slaves du Sud. Avec six autres jeunes gens, ils sont postés à différents endroits du quai. Tous sont furieux de la présence de l’archiduc en ce 28 juin, jour où les Serbes commémorent la bataille de Kosovo, perdue face aux Ottomans en 1389. Ils ont juré de le tuer. Il est environ 10h15 lorsque Cabrinovic jette une bombe en direction du véhicule de l’héritier. Selon la légende, ce dernier repousse l’engin de la main avant qu’il n’explose sous la voiture suivante. Cabrinovic tente de se suicider en avalant une capsule de cyanure. Mais le poison ne le tue pas et il est rapidement arrêté.
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / Wikimedia Commons

"Vous m’accueillez avec des bombes"

Malgré cette première tentative d’attentat, le cortège poursuit sa route. Arrivés à l’Hôtel de Ville, François- Ferdinand et Sophie sont reçus par le maire de Sarajevo, qui entame son discours ainsi : "Votre altesse impériale, votre altesse royale. Nos cœurs sont très heureux de votre charmante visite". Ulcéré par le ridicule de la situation, le prince héritier ne cache pas son agacement : "Je viens ici à votre invitation, et vous, vous m’accueillez avec des bombes".
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / Musée de Sarajevo

Le protocole avant tout

La duchesse Sophie murmure quelques mots à l’oreille de son époux, qui retrouve son calme. Malgré le choc lié à l’attentat raté, ils continuent de serrer les mains et de visiter l’Hôtel de Ville. Vers 10h45, le couple quitte les lieux (devenu bibliothèque, le bâtiment, aujourd’hui connu sous le nom de la Vijecnica, a été incendié pendant la guerre de Bosnie en 1992 puis rénové récemment). François-Ferdinand et Sophie devaient se séparer à ce moment-là, mais ils décident finalement de se rendre ensemble au chevet des victimes de l’explosion survenue plus tôt.
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / Musée de Sarajevo

Itinéraire mortel

Contrairement au trajet initialement prévu, le cortège de voitures n’est pas censé traverser le centre-ville et doit filer le long du quai Appel. Mais le chauffeur n’a pas été mis au courant et tourne à droite. Sur cette photo, la toute dernière du couple, le véhicule est sur le point de s’engager au niveau de la rue François-Joseph.
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / Musée de Sarajevo

Deux coups de feu

Le général Potiorek, le gouverneur de la région, également dans la voiture, se rend compte de l’erreur du chauffeur et lui demande de faire marche arrière. À quelques mètres de là, Gavrilo Princip, un jeune étudiant serbe de Bosnie, membre de la conspiration de Mlada Bosna, profite de cette confusion pour sortir son revolver. En poste depuis le début de la journée, il a eu tout le temps de réfléchir à son acte. En quelques secondes, il tire deux balles en direction de la voiture. La première touche la duchesse et la seconde son mari.
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / Famille de Hohenberg

Un ultime convoi

Grièvement blessée, la duchesse Sophie s’affaisse à l’arrière du véhicule. Sa tête tombe sur les genoux de l’héritier. D’une faible voix, celui-ci lui murmure : "Sophie, Sophie, ne meurs pas, reste en vie pour nos enfants", avant de perdre conscience. Les deux victimes sont alors transportées au Konak, le palais du gouverneur, tout proche du pont Latin où a eu lieu l’attentat.
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / Carte postale d’époque www.parlament.ba

Dernier souffle

François Ferdinand et Sophie sont transportés dans l’une des chambres de la résidence. À son arrivée, la duchesse est déjà morte. La balle l’a touchée à l’abdomen et a sectionné l’artère gastrique. L’archiduc, lui, est dans le coma et les médecins ne peuvent rien faire. Il a été atteint à la veine jugulaire. À 11 heures, l’héritier du trône de l’Empire austro-hongrois et son épouse sont déclarés morts. Une chapelle ardente est dressée au Konak.
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / Musée de Sarajevo

La légendaire arrestation de Princip

Après avoir tiré sur le couple princier, Gavrilo Princip tente de se suicider mais des passants s’emparent de son revolver. Il échoue également à avaler sa capsule de cyanure. Très vite, les policiers l’arrachent à la foule. Dans de nombreux livres, cette photographie est connue comme étant celle de l’arrestation du tireur. Il s’agit en réalité de celle de Ferdinand Behr, un passant qui avait voulu protéger Gavrilo Princip. Malgré son geste, ce dernier échappe à la peine de mort en raison de son jeune âge. Il est condamné à 20 ans de prison. Atteint de tuberculose, il meurt le 28 avril 1918, quelques mois avant la fin de la guerre, dont il fut l’un des catalyseurs.
© Stéphanie Trouillard FRANCE 24 / AFP

Crédits

Sources :
Vladimir Dedijer, La Route de Sarajevo, Ed. Gallimard, 1969
Jean-Louis Thiériot, François-Ferdinand d’Autriche, Ed. Tempus, 2011
Christopher Clark, Les Somnambules, Ed. Flammarion, 2013
Tim Butcher, The Trigger, Ed. Chatto & Windus, 2014

Récit: Stéphanie Trouillard
Responsable éditoriale : Marie Valla
© Gallica / BnF

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Sarajevo, le 28 juin 1914
Deux tirs qui embrasèrent le monde
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